Pendant que le Tchad rêve de briller sur la scène sportive internationale, la réalité du terrain national nous ramène brutalement sur terre. Symbole tragique de ce décalage : le Stade municipal de Diguel, situé dans le 8ème arrondissement de N'Djamena. Autrefois temple bouillonnant des sports local, ce complexe est aujourd'hui à l'agonie.
Le constat sur place est un crève-cœur. Oubliez la pelouse verdoyante qui a vu éclore les talents de nos quartiers : elle a laissé place à un désert de poussière et de cailloux. S'entraîner ici relève désormais du parcours du combattant et du danger permanent de blessure pour nos jeunes.
Pour ne rien arranger, les murs de clôture s’effondrent les uns après les autres. Résultat ? Le stade est livré à l'insécurité totale. Plus grave encore, l'arrière des tribunes s'est transformé en une décharge publique sauvage à ciel ouvert, dégageant une urgence à la fois sanitaire et environnementale.
Les visites ministérielles de diagnostic se succèdent, les opérations ponctuelles d’assainissement de la mairie passent, mais le problème de fond reste entier : l'absence totale d'un plan d'entretien durable. Le délabrement du Stade de Diguel n'est pas un cas isolé, il illustre la descente aux enfers des infrastructures de proximité dans notre pays.
Réhabiliter ce stade n'est plus une simple question d'urbanisme, c'est une urgence sociale pour notre jeunesse qui crie son besoin de sport et d'épanouissement sain. Il est temps de passer des discours aux actes concrets.