Plus de 100 rendez-vous, des délégations internationales et une ambition : faire de la culture un pont entre les peuples
Du 23 au 27 septembre 2026, Saint-Pétersbourg se transformera en véritable capitale internationale de la culture à l’occasion du Forum international des cultures unies. Théâtre, musique, expositions, patrimoine, visites guidées, arts visuels et rencontres internationales : plus de 100 événements sont annoncés pour cette nouvelle édition placée sous le thème « Cultures unies, valeurs communes ».
Mais derrière cette impressionnante programmation artistique se joue une question qui dépasse largement les frontières russes : quelle place pour l’Afrique dans le nouvel espace mondial de la coopération culturelle ?
Organisé par la Fondation Roscongress, avec le soutien du gouvernement de la Fédération de Russie, du ministère russe de la Culture et de l’administration de Saint-Pétersbourg, le Forum entend faire de la culture un instrument de rapprochement entre les nations.
Pour l’Afrique, ce rendez-vous constitue une occasion de regarder au-delà des simples spectacles et expositions. Le continent dispose d'un patrimoine culturel exceptionnel, d'une jeunesse créative et d'une industrie culturelle en pleine transformation. Musique, cinéma, mode, littérature, artisanat, arts plastiques, patrimoine et création numérique constituent aujourd’hui des secteurs capables de contribuer fortement au développement économique et à l’influence internationale des pays africains.
La culture comme nouvelle passerelle entre l’Afrique et la Russie
Le Forum de Saint-Pétersbourg intervient dans un contexte où les relations entre la Russie et plusieurs pays africains connaissent un regain d’intérêt. Si la coopération politique, économique, sécuritaire et universitaire occupe régulièrement le devant de la scène, la culture pourrait constituer l’un des leviers les plus durables du rapprochement entre les peuples.
« La culture reste un langage universel qui aide à renforcer la compréhension et la confiance mutuelles entre les pays et les peuples », souligne Anton Kobyakov, conseiller du président de la Fédération de Russie et secrétaire exécutif du Comité organisateur du Forum.
Cette vision prend une résonance particulière en Afrique, continent où la diversité linguistique, ethnique et artistique constitue à la fois une richesse et un puissant outil de cohésion sociale.
Un programme qui met en lumière le patrimoine et la création
Durant plusieurs jours, les participants pourront découvrir certaines des plus importantes institutions culturelles de Saint-Pétersbourg, notamment le musée de l’Ermitage, le Musée russe, la cathédrale Saint-Isaac ou encore la forteresse Pierre-et-Paul.
Le théâtre occupera également une place centrale avec plusieurs productions inspirées notamment des œuvres de Fiodor Dostoïevski et Léon Tolstoï. Le ballet sera à l’honneur avec notamment une représentation du Ballet national Alicia Alonso de Cuba, tandis que le Théâtre de ballet académique Boris Eifman proposera deux programmes consacrés à son fondateur.
La musique ne sera pas en reste avec des productions lyriques, des concerts et l’ouverture de la saison de la Philharmonie académique Dmitri Chostakovitch de Saint-Pétersbourg.
Des excursions permettront par ailleurs aux participants de découvrir Peterhof, Pavlovsk et Tsarskoïe Selo, ainsi que le célèbre palais Catherine et sa mythique salle d’Ambre.
L’Afrique doit aussi raconter ses propres cultures
Au-delà de la programmation, le véritable enjeu pour les pays africains est désormais de transformer leur extraordinaire diversité culturelle en influence internationale.
Du Sahel à l’Afrique centrale, de l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique australe, les créateurs africains disposent d’un patrimoine considérable à valoriser : traditions musicales, danses, textiles, gastronomie, contes, langues, architecture, artisanat, cinéma et nouvelles expressions artistiques.
Des pays comme le Tchad, par exemple, possèdent un patrimoine culturel encore insuffisamment connu sur la scène internationale. Les cultures nomades, les traditions sahéliennes, les savoir-faire artisanaux, la diversité des langues et les expressions artistiques de ses différentes communautés pourraient constituer de véritables instruments de diplomatie culturelle.
L’enjeu n’est donc pas seulement de participer à des événements internationaux, mais d’y apporter quelque chose : une histoire, une identité, des artistes, des œuvres et une vision africaine du monde.
Vers une diplomatie culturelle africaine plus offensive
Le Forum de Saint-Pétersbourg pourrait ainsi servir de plateforme à de nouvelles collaborations entre institutions culturelles russes et africaines : coproductions artistiques, échanges entre musées, résidences d’artistes, festivals croisés, formation des professionnels de la culture, coopération audiovisuelle et développement des industries créatives.
Pour les jeunes Africains, ces échanges peuvent également ouvrir de nouvelles perspectives dans les domaines du cinéma, de la photographie, du journalisme culturel, de la mode, de la musique et des métiers du numérique.
À l'heure où les industries culturelles et créatives représentent un potentiel économique considérable pour la jeunesse africaine, la culture ne peut plus être considérée comme un simple secteur de divertissement. Elle est devenue un outil d’influence, d’emploi, de développement et de diplomatie.
Saint-Pétersbourg, une opportunité à saisir
Avec plus d’une centaine d’événements annoncés, le Forum international des cultures unies veut démontrer que les différences culturelles peuvent devenir un facteur de rapprochement plutôt qu’une source de division.
Pour l’Afrique, le rendez-vous peut surtout être lu comme une invitation à prendre davantage sa place dans les grands espaces internationaux de dialogue culturel.
L’Afrique ne doit plus seulement être spectatrice de la mondialisation culturelle. Elle doit en devenir l’un des acteurs majeurs.
À Saint-Pétersbourg, la Russie entend présenter ses traditions et son patrimoine au monde. Pour les pays africains, l’enjeu est désormais de faire de même : venir, échanger, coopérer, mais surtout faire entendre leurs propres voix culturelles.
Car si la culture est véritablement un langage universel, l’Afrique doit parler haut et fort.