Le Collectif des Médecins Non Intégrés du Tchad (COMENI-TCHAD) tire la sonnette d’alarme. Selon les données compilées à partir des procès-verbaux et des soit-transmis reçus des médecins concernés, 926 médecins tchadiens formés au Tchad et à l’étranger attendent actuellement leur intégration dans la fonction publique.
Derrière ce chiffre se trouvent des médecins qualifiés, disponibles et désireux de mettre leurs compétences au service du pays.
Parmi eux, 367 médecins sont issus de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université de N’Djaména, répartis sur plusieurs promotions. La Faculté des Sciences de la Santé de l’Université Adam Barka d’Abéché compte, pour sa part, 245 médecins, tandis que 14 médecins sont issus de la Faculté de Médecine du Bon Samaritain.
À cet effectif s’ajoutent 300 médecins formés à l’étranger, dans 40 facultés réparties à travers 16 pays. Certains attendent depuis plusieurs années, le plus ancien diplômé de ce groupe datant de 2019.
Pour le COMENI-TCHAD, la revendication repose sur deux exigences principales : l’intégration effective des médecins dans la fonction publique et le respect de l’ordre des promotions.
Le collectif affirme avoir privilégié le dialogue et les voies institutionnelles. Des rencontres ont notamment eu lieu avec le ministre de la Santé publique, le Secrétaire général et le Directeur général du ministère de la Fonction publique, ainsi qu’avec des responsables de la Primature et du Secrétariat général du Gouvernement.
Ces échanges ont permis, selon le collectif, de présenter la situation et de rechercher une solution institutionnelle. Mais à ce jour, déplore-t-il, aucune réponse concrète n’a encore permis de mettre fin à l’attente des 926 médecins.
Le COMENI-TCHAD pose ainsi une question centrale : comment expliquer que des médecins tchadiens qualifiés et disponibles restent sans intégration alors que les besoins en personnel médical demeurent importants dans plusieurs structures sanitaires du pays ?
Pour le collectif, l’enjeu dépasse largement une simple revendication professionnelle. L’intégration de ces médecins constituerait également une opportunité de renforcer les ressources humaines du système sanitaire et d’améliorer l’accès aux soins pour les populations.
Le COMENI-TCHAD salue par ailleurs les efforts du Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, en faveur du secteur de la santé et lui adresse un appel solennel : traduire cette volonté politique en actes en procédant à l’intégration des 926 médecins actuellement disponibles.
« Investir dans leur intégration, c’est investir dans la santé des populations tchadiennes », soutient le collectif.
Tout en remerciant la Primature, le ministère de la Santé publique et le Secrétariat général du Gouvernement pour leur ouverture au dialogue, les médecins non intégrés affirment vouloir poursuivre leur démarche par les voies institutionnelles et légales.
Le COMENI-TCHAD se dit toutefois mobilisé, vigilant et déterminé jusqu’à l’aboutissement de sa démarche.
Pour ces médecins, le message est désormais clair : l’intégration ne doit plus rester une promesse, mais devenir une réalité.